Laboratoire Communication, culture & Société

Action Concertée Incitative Jeunes Chercheurs : Sciences, médias & société, Histoire comparée des pratiques de vulgarisation dans les médias et les expositions

mercredi 30 janvier 2002

Commanditaire : Ministère de la jeunesse, de l’Education Nationale et de la Recherche - Direction de la Recherche.

Durée : 36 mois (2000/2003).

Partenaires :

- Joëlle Le Marec (C2So - ENS LSh, directrice)
- Igor babou (C2So, ENS LSh)
- Soraya Boudia (CNRS UMR 6425 - Institut Curie)
- Annie Gentès (ENST Paris)
- UQAM (CIRST),
- Cité des Sciences et de l’Industrie
- INA
- Office de Coopération et d’Information Muséographique

Actes du colloque : http://sciences-medias.ens-lsh.fr/

Résumé :

L’objectif général : élaborer un modèle théorique pour rendre compte de l’évolution des discours médiatiques à propos de sciences

Nous partons d’une hypothèse initiale : il est possible de rendre compte de l’évolution des discours à propos de sciences dans le champ médiatique, en s’affranchissant des définitions empiriques de ce qu’est un média à partir de sa caractérisation comme organisation économique et industrielle mobilisant des technologies différentes : on distinguerait ainsi parmi les médias la presse, la radio, le musée, etc., sans pouvoir les comparer en dehors du cadre professionnel et technique à partir duquel ils ont été catégorisés comme tels. En effet, un tel schéma outre qu’il reproduit nécessairement les catégories des acteurs, évacue largement les dimensions symboliques et historiques des fonctionnements médiatiques. Cette hypothèse s’ancre dans la conception générale de l’analyse des discours et des dispositifs développée par Michel Foucault. Elle s’appuie également sur des courants de recherche en sciences de la communication et en sociologie des médiations, dans lesquels nous nous inscrivons. Les propositions théoriques associées à des notions telles que « dispositif » et « formation discursive » sont faciles à illustrer à partir d’exemple mais très difficiles à systématiser dans des démarches empiriques (comparative et historique). C’est l’ambition que nous avons. À ce stade de la recherche, nous avons déterminé et testé empiriquement trois dimensions d’analyse pour incarner le modèle que nous proposons :

- Les représentations identitaires : comment les acteurs qualifient leur propre statut et leur propre discours (un discours de vulgarisation) en tant qu’énonciateurs. On peut soit le trouver publiquement exprimé dans le discours médiatique lui-même (l’émission ou l’exposition, et tous les documents publics qui les accompagnent : plaquettes, affiches, programmes, etc.), soit l’observer dans des entretiens effectués par nous-mêmes ou publiés, soit le repérer dans des documents archivés (correspondance, etc.).

- L’énonciation : il s’agit tout d’abord de la façon dont les acteurs construisent une place pour le public dans le discours médiatique (en mettant en scène une ou des figures du visiteur ou du téléspectateur dans le discours pour en organiser la réception). Il s’agit ensuite de la manière dont s’organisent, dans le discours médiatique, les rapports de légitimité entre les acteurs impliqués dans sa production. Il s’agit enfin de la façon dont les médias deviennent des actants du discours, par la citation et la reprise par exemple (dimension de l’intertextualité).

- Les représentations des thèmes : comment pour les trois thèmes choisis (cerveau, gène, radioactivité) peut-on repérer des régularités et des évolutions dans le traitement qui en est fait par les deux médias : genres, métaphores, catégorisations, images et textes, schémas narratifs, etc. C’est à ce niveau-là qu’on rejoint le plus facilement un contexte plus global de la circulation du savoir et des enjeux socio-politiques de ces savoirs précis : représentations sociales des savoirs sur le cerveau, la radioactivité, le génome. L’articulation entre ces trois dimensions constitue un travail pionnier sur l’histoire du traitement des sciences dans les médias et les expositions comme « média » .

Nous avons constitué des corpus d’archives à la fois télévisuelles et expographiques, en remontant à l’après-guerre dans les deux cas. Nous avons analyse une partie des corpus constitués en mobilisant essentiellement deux des dimensions présentées : l’énonciation et les représentations des thèmes. Ont été dégagées les modes de représentation du public dans les arguments mobilisés par les médias, en particulier dans le cas de la génétique, et des modalités de construction des thèmes dans le cas de la radioactivité. Nous avons également mis en évidence le lien entre l’implication dans la production des discours médiatiques et les enjeux des disciplines émergentes ou conquérantes (sciences cognitives).


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